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Erosion et subsidiarité !
L’érosion du trait de côte se révèle être un problème aigu pour les rivages français, mais un
peu partout dans le monde également.
Dans les Hauts de France, nous avons aussi des cas très préoccupants. L’un d’entre eux est,
sans conteste, la baie de Wissant qui a enregistré depuis 1975 un recul impressionnant du
trait de côte : ce retrait est de 250 m sur la partie ouest des 12 km de cette magnifique baie.
Ce recul est, bien entendu, préjudiciable pour les activités économiques, touristiques,
agricoles, mais aussi pour les propriétaires qui ont constaté une diminution sensible de la
surface de leur propriété. À cela, s’ajoute la contrainte des conséquences de risque érosion,
voire de submersion. (PPRN)
Ce qui frappe lorsque l’on s’intéresse à ce sujet est de constater que l’analyse du
phénomène est ardue, tant nous manquons d’informations chiffrées sur l’évolution du
mécanisme. Dans le cas de la météorologie, à titre de comparaison, de très nombreux
instruments existent depuis des décennies. Les ordinateurs sont capables d’analyser des
données et de calculer des scénarios d'évolution des principaux paramètres
météorologiques…
En ce qui concerne le sous-sol marin côtier, nous ne disposons que de très peu
d’informations sur l’intensité des courants et leur évolution. Par ailleurs, à la différence de
l’espace terrestre, l’espace marin de cette baie sableuse est mouvant, constitué de dunes de
sable qui se déplacent en fonction des courants qui, en retour, les font aussi évoluer…
C’est un problème tellement complexe que l’on est obligé de se résoudre à travailler sur des
projections de l’évolution perçue sans être en mesure de prendre en compte des
changements de trajectoire entrainant des modifications virtuelles.
La conséquence de la trop faible fiabilité de l’analyse est que la perception intuitive domine
largement et, en conséquence, les avis divergent énormément, différant les projets de
protection du rivage.
Le corollaire de cette situation est que les riverains, les usagers de la baie sont probablement
plus à même d’appréhender la gestion de ce phénomène.
La subsidiarité devrait donc s’appliquer avec une gestion du problème au plus proche de son
occurrence. Dans le cas d’espèce, le maire concerné est sans doute l’autorité la plus
compétente pour résoudre ce type de problème.
Cela conduit à réfléchir à des stratégies simples, peu onéreuses et réalisables dans le cadre
des prérogatives administratives du maire. À cet égard, une approche est en cours sur la
plage de Tardinghen : il s'agit d’une protection faite de 25 caissons de bois, de 5 m de
longueur, remplis d'un mélange pierre et sable afin de faire une masse solide. De par leur
masse, ces parallélépipèdes sont bien ancrés dans le sol et adossés à la dune. Leurs larges
assises leur permettent d'éviter de s'enfoncer, ce qui est une des contraintes majeures de la
formule d’enrochement.
C'est une solution simple, pratique, facilement réparable et très compétitive : moins de
200 € le mètre linéaire.
Cette formule permet, par ailleurs, l’option d’une action collective des riverains autour d’un
tel projet. Cela a le mérite de rendre chacun actif et conscient de l’érosion. C’est aussi un
vecteur de transmission d’autres messages quant au respect de la nature et, en particulier,
des oyats trop souvent déracinés par les vacanciers, inconscients des dégâts qu’ils génèrent
en piétinant ces plantes.